PROPOSITION D’UN TEST DE TEMPÉRAMENT DU FILA AU BRÉSIL - Un article du Docteur Procopio do Valle

Traduction Pedro Almeida - 11 octobre 2003


Mis à part son aspect, de taille moyenne à grande, et son apparence de chien de garde, le Fila Brasileiro a un caractère très spécial, qui séduit rapidement son maître et les personnes qui l’entoure. Il se montre docile, amical, et grand compagnon. Dans nos livres sur le Fila Brasileiro, nous remarquons particulièrement cette caractéristique. Le comportement se développant, il diffère sous l’influence de facteurs génétiques et environnementaux, mais aucun des deux ne peut agir indépendamment de l’autre.


“chacun, ayant déjà possédé un chien, sait qu’il existe une grande palette de personnalités canines pour chaque individu, ce qui les fait se différencier l’un de l’autre”. Le développement caractériel des chiens se fait fondamentalement par cette adaptation. Le comportement des chiens, notamment celui du Fila Brasileiro, est facilement influençable par le traitement qu’il a reçu depuis sa période de chiot.


Wanildo Siqueira, mentionne notamment les difficultés ou impossibilités rencontrés dans le dressage d’un Fila, si celui-ci n’a pas bénéficié de l’affection et de toute l’attention de son maître au cours des premiers mois de sa vie. Le Fila Brasileiro n’est pas “le chien d’un seul maître”. Plus que cela, le Fila est un chien devant vivre en petite communauté, dans une famille. Une caractéristique marquante chez le Fila : l’ Ojeriza envers les étrangers, et son extrême attachement à ses maîtres; un chien grand et courageux et même violent, qui a un tempérament presque “humain”. Hormis cette ojeriza envers les étrangers, un Fila n’accepte pas la présence d’un autre mâle et a un esprit de meute caractéristique.


Nous allons parler d’un problème important concernant le caractère du Fila: on impose le fait de vouloir retirer le “Fila de salon”, ou plus explicitement, le Fila artificiellement préparé pour les concours. En ce monde mouvementé, où nous vivons aujourd’hui, avec des dizaines de guerres et de conflits ethniques, les étrangers recherchent un chien de garde et non un joli spécimen.


Dans les années 60/70, dans les nombreuses expositions de l’ancien BKC, les Filas étaient peu montrés et restaient à l’écart des autres chiens. Ils ne permettaient pas aux juges d’expo de les examiner ni d’examiner leur dentition. Avec le temps, les Filas sont devenus plus dociles. Cependant, il est possible de préserver ce tempérament de chien de garde chez le Fila. Et je vous rappelle que le Fila est le seul molosse à avoir gardé cette ojeriza envers les étrangers. Mais, il y a l’évolution, l’agrandissement des villes, avec le tassement des maisons, comme l’on peut voir aux USA.


Pour être présentés en expo, les chiens sont soumis à des épreuves d’attaques sur des cobayes humains. Ces épreuves ne sont que du conditionnement. Le chien ne répète que ce qu’on lui a appris. Cela ne nous donne pas véritablement une idée de son tempérament. Serait-il possible de satisfaire tout le monde, en présentant des Filas correspondant au standard de race, et en même temps utiliser ces mêmes chiens pour la garde ? Nous avons effectué quelques tests, en essayant de rencontrer des Filas avec des caractères différents, sans les soumettre à ces tests superficiels que l’on utilise en exposition, et qui rendent les propriétaires de chiens satisfaits. Notre suggestion se base sur la connaissance du caractère du Fila, avec des tests réalisés sur son territoire, ou dehors. Nous avons donc utilisé des Filas à partir de l’âge de 10 mois. En réalité, il est facile de pouvoir observer les plus agressifs et les plus intelligents dés la période du jeune chiot.


Description de notre test : Le Fila est placé loin des personnes, excepté de son maître, qui le tient. Nous distinguons quatre groupes :


1 – L’étranger s’approche. On note une indifférence du Fila, qui ne grogne pas, n’aboie pas et ne montre pas les crocs. L’étranger s’approche un peu plus et tente de toucher le chien et même de voir ses crocs. S’il permet cela et sans aucune réaction, il devra recevoir la note ZÉRO. Ce n’est pas un chien de garde, parce qu’il conserve un caractère juvénil. Il pourra servir de compagnon pour les enfants et les personnes âgés.


2 – Le Fila, à l’approche de l’étranger, ne tient pas en place, grogne, montre les dents, mais se laisse toucher. Il recevra la note UN. Ce n’est pas un chien de garde.


3 – Lorsque le chien, avec une plus grande approche de l’étranger, commence à grogner et à aboyer et ne se laisse pas toucher, il recevra la note DEUX. C’est le chien de garde idéal, puisque il est bien éduqué, mais toutefois n’accepte pas les étrangers.


4 – Si finalement, le chien à l’approche de l’étranger à moins de deux ou trois mètres, cherche à attaquer, mordre et ainsi rendant impossible tout contact, et bien il recevra la note TROIS. Ce chien là, est le chien de garde que l’on retrouvait dans les anciennes fermes au Brésil. Paradoxalement, il se montre docile avec ses maîtres et ceux qui l’entoure.


L’armée israëlienne, comme me l’a raconté le juge “all rounder” Antonino Barone Forzano, dans sa sélection de chiens efficaces, ont choisit les Filas Brasileiros pour leur indifférence face aux tirs et aux bombes. Clélia Kruel, dans son second ouvrage, écrit en anglais, fait remarquer encore une fois le tempérament du Fila. Elle parle : “De Filas comme des chiens de traîneau”. En fait, il s’agit d’une lettre que Mme Clélia a reçue écrite par John Quy et Earle Magge, originaires de Finland, dans le Minnesota, là où il fait habituellement –20° C, et habitent à 4 ou 6 miles du voisin le plus proche. Les chiens sont utilisés pour la traction de traîneaux et pour revenir du marché avec des aliments. Hormis le grand froid, il y a aussi de nombreux loups et grands cerfs, ces derniers atteignant un poids avoisinant les 400 kilos. Pourquoi ont-ils préféré le Fila Brasileiro par rapport à d’autres races pour les protéger ? Ils ont répondu : “Parce que le Fila est supérieur dans la protection et la défense des siens. Ce n’est pas simplement le courage et la férocité de la race, ni sa force ou son agilité. C’est son approche vis-à-vis des gens en tant que gardien… des chiens qui courent comme des fous pour se battre avec les loups, sont vite morts. Nos Filas, lorsqu’ils se perdent dans la propriété, ils agissent ensembles comme une meute et ne chassent jamais plus loin que notre terrain. Lorsque nos Filas sont avec nous, ils nous tiennent à portée de vue, comme si l’on était leur premier devoir vital, et ce afin de nous protéger et de nous aimer”.

Texte de Doutor Procopio do Valle, traduit par Pedro Almeida. 2003-10-11